Benoît Gillet

Présentation de l’œuvre

À la fois chapelle et hôpital, l’ancien hospice de Montreuil-Bellay est marqué par cette double charge ;  du soin des corps au salut des âmes, l’endroit semble être le parfait passage d’un monde à l’autre. L’intérieur de la chapelle semblant porter les stigmates de ces vies passées, on peut d’ailleurs imaginer que le lieu résonne encore de ses anciennes fonctions.

Devant l’impossibilité de représenter tous les corps et âmes passés par là, il semblait plus judicieux d’investir le lieu pour en proposer une interprétation. Attiré par le rapport entre sujet et espace, Benoît Gillet propose d’explorer cette histoire par l’installation de dessins / peintures sur tissu ; des silhouettes pendent ainsi des poutres au sol de la chapelle, à la fois physiquement présentes et bizarrement flottantes.

Ces silhouettes, peintes sur tissus ivoire et gris d’environ 1,5 m de large, sont au nombre de neuf. L’installation permet ainsi d’emplir le lieu mais également au visiteur d’y circuler.

Clin d’oeil à la peinture religieuse de la renaissance italienne et à ses postures exagérées, ces représentations témoignent également d’inspirations plus contemporaines :  les corps éphémères d’Ernest Pignon-Ernest ou Paul Bloas et ses « peintures fragiles in situ » …

 

Outre le rappel évident aux draps du lit d’hôpital, le tissu fait écho à la position horizontale d’un malade sur son lit, tandis que l’installation verticale évoque l’importance de la métaphysique dans ce lieu religieux. Les corps sont-ils en souffrance ou en extase ? D’ailleurs, placés ainsi en suspens, sont-ce des corps, un peu plus, un peu moins ? L’avantage des formes dessinées, c’est qu’elles permettent d’imaginer l’un et l’autre.

 

Présentation de l’artiste

Benoît Gillet a étudié le graphisme et les arts visuels au sein des écoles d’Art d’Orléans et de Quimper. Demeurant aujourd’hui à Nantes, il exerce principalement en Loire-Atlantique et en Maine-et-Loire.

Attiré par la possibilité de placer ses dessins et autres images dans des perspectives nouvelles, il aborde différents sujets par le rapport médium – support – espace. Presque exclusivement figurative, sa pratique du dessin, du collage et de la sérigraphie se déploie sous la forme d’installations ; avec pour liant la représentation de l’humain, ses créations, ses contradictions et parfois ses aberrations.

Photos de l’inauguration du circuit en date du samedi 23 juin